[Analyse enrichie] Collège de Marmoutier à Paris
Fait en forme
Devant Cothereau et Cadier, notaires, religieuses personnes frères Noël Amigeon, Thomas Garreau et Barthélemy de Chantecler, religieux de Marmoutier, écoliers étudiants en l’université de Paris et boursiers du collège de Marmoutier, rue Saint-Jacques à Paris , ont affirmé et déclaré que les 21 ou 22 novembre 1546, «entre douze et une heure de relevee», frère Helin Clabat, se présenta aud. collège pour être reçu comme boursier à la place de vénérable et discrète personne Eustache Aubert, docteur en la Faculté de théologie et boursier dud. collège, sans en avoir averti ni les trois attestants ni leurs autres compagnons « pour faire congregation pour le recevoir bourcier » ; à ce moment-là led. Aubert était absent dud. collège ; il se trouva au salut qui se dit journellement à l’heure de six heures du soir en la présence de frère René Lemareschal, maître dud. collège, et aussi en la présence de Clabat. Aubert s’est alors opposé formellement à la réception comme boursier de la personne dud. Clabat ; opposition à laquelle led. Aubert fut reçu du consentement de toute la congrégation et assemblée des maître et boursiers dud. collège. Clabat fut renvoyé par led. Lemareschal ; les attestants disent que deux ou trois jours après, led. Lemareschal, vers 10 heures du soir, leur envoya par frère Pierre Falaiseau, alors boursier dud. collège, une lettre relatant la manière dont led. Helain Clabat avait été reçu boursier, à la place dud. Aubert pour qu’ils la signent ; les attestant répondirent à Falaiseau que l’opposition formée par Aubert à la réception de Clabat comme boursier avait été jugée recevable. Falaiseau leur fit savoir que s’ils ne signaient lad. réception, «ilz s’en trouveroient mal contens et qu’il failloit faire le vouloir de monseigneur le cardinal de Lorraine, abbé de Maremoustier» et que s’ils n’obéissaient pas au commandement du cardinal «ilz s’en repentiroient» ; alors, «lesd. atestans, craignans les verges pour ce qu’ilz ne sont encore pourveuz aux sainctes ordres, signerent ce que voullut led. Lemareschal qui les menassoit dud. cardinal.» Les attestants ajoutèrent que le 30 novembre, jour de la saint André, led. Aubert, comme premier boursier dud. collège et reçu avant led. Clabat, voulant dire la messe ordinaire dud. collège comme il avait coutume de le faire, en fut empêché par frère Jean Berruyer, procureur du collège de Marmoutier, aussi allié dud. Lemareschal, «et allors y eust grant scandale en la chappelle dud. college ; et led. Aubert, estant revestu d’une aulbe, l’estolle au col et tout preparé pour dire et chanter lad. messe, fut contrainct de se devestir, pour ce que led. Berruyer, procureur susd., disoit avoir charge expresse dud. Lemareschal, comme maistre dud. collège, de empescher led. Aubert de dire la messe dud. collège ; et qu’il avoit esté signiffié ung arrest de la court de parlement aud. Lemareschal par lequel led. Aubert n’estoit plus boursier et que la court l’avoit destitué de sa bource et osté les fruictz d’icelle» ; après de longues contestations, Aubert et Berruyer allèrent trouver Lemareschal dans sa chambre où ils restèrent plus d’une demi-heure ; ils revinrent ensemble à la chapelle où étaient restés les attestants et leurs autres compagnons boursiers ; Lemareschal fit alors savoir qu’il n’empêchait pas Aubert de dire la messe, mais que celui-ci ne célèbrerait pas la messe du collège dans la mesure où il lui avait été signifié un arrêt selon lequel led. Aubert n’était plus boursier du collège de Marmoutier ; les déposants ajoutent que la pension qui était versée aud. Aubert lui fut refusée à compter de ce jour-là et que depuis ils ne la lui ont pas vu être baillée ni distribuée ; ajoutant que «depuis led. jour, sainct Andre, souventesfois vespres et matines ont este dictes par eulx novices, ce qu’ilz n’ont puissance de faire, dont est venu scandale, au moyen que celuy qui est au lieu dud. Aubert n’est prebstre et que les messes ordinaires qui se doibvent dire et chanter haultes par les deux premiers bourciers dud. collège par plusieurs fois ont este dictes basses par prebstres seculiers, et mesmement tous les dimenches et festes du moys d’aoust dernier passsé, excepté le jour de l’Assumption Nostre-Dame et le jour sainct Laurens, la messe fut dicte basse qui devoit estre dicte haulte. dont et desquelles choses led. frère Eustache Aubert a ce present a requis acte ausd. notaires qui luy ont octroyé ces presentes pour luy servir ce que de raison.»
Fait et octroyé le vendredi 2 septembre 1547
Signé O. Cadier G. Cothereau.





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