Lettre close de Charles VIII adressée aux bourgeois et habitants de la ville de Bourges demandant aux bourgeois de lever 3 000 l.t. pour l'aider à soutenir la guerre contre le roi d'Angleterre qui, ayant débarqué à Calais , s'avance dans le royaume de France.



De par le roy.
Tres chers et bien amez, nous vous tenons assez recors de la demande que nagueres vous feismes faire pour resister aux entreprinses des Anglois, lesquelz alors faisoient grans preparatifz et assemblee de toutes choses servans pour la guerre, laquelle demande n'avons voulu faire lever sur vous ne autres noz bonnes villes jusques a ce que l'affaire urgent feust seurvenu, pour le desir que avons de vous bien traicter. Et pour ce que le roy d'Angleterre est puis nagueres descendu a Calays avec son effort et marche de present en pais en entencion de nous courir sus et invader nostre royaume, et ja ont nosdits ennemys prins, brullé et destruict aucunes places dedans nostredit royaume, deliberez de tirer plus avant s'ilz ne trouvent bonne résistance, ce que a l'ayde de Dieu et de noz bons et loyaulx parens, serviteurs et subgectz, avons bien entencion de faire, et desja avons fait mettre sus une bonne et grosse armee et si nous sommes préparez pour y aller en personne avec les princes et seigneurs de nostre sang. Et pour fournir aux despenses que a ceste cause faire nous conviendra, nous est de necessité contraincte nous aider de nosdites bonnes villes, et a ceste cause nous voulons, vous mandons et expressement enjoignons que la somme de trois mil livres tournois que dernierement vous avons fait demander, vous paiez, baillez et delivrez comptant a nostre amé et feal conseillier et tresorier de noz guerres Jehan Legendre(1) pour convertir et employer es affaires de nostre guerre. Et n'y faictes point de faulte de le paier promptement en prenant seulement la descharge qui pour ce en a esté levee, en maniere que noz affaires qui sont si pressez que plus ne pourroit n'en soient par vous retardez et que cognoissons par effect le bon vouloir que avez a nous. Autrement en vostre reffuz aurions bonne occasion d'y faire proceder par contraincte car vous entendez de combien cest affaire nous touche et a toute la chose publicque de nostre royaume. Et ne vous fault excuser sur le prest que nous avez fait l'annee passee car nous avons ordonné que en serez remboursez sur noz finances de l'annee prouchaine sans aucune difficulté. Donné aux Montilz-lez-Tours(2), le XIXe jour d'octobre [1492(3)].

[Signé :] CHARLES.


Parent

.
[Au dos] A noz tres chers et bien amez les bourgeois, manans et habitans de nostre ville de Bourges .





Notes :

(1) Jean Legendre, fils de Pierre Legendre, lui-même trésorier des guerres. — (2) Château du Plessis-lès-Tours, actuel com. de La Riche , dép. d'Indre-et-Loire . — (3) Les comptes de la ville de Bourges rapportent un don de 7 livres à Arthaud Menessier, sommelier ordinaire de la paneterie du roi, qui a apporté ces lettres (Bourges, Archives communales, CC 264, rubrique "Dons"). Des lettres très proches sont adressées le 12 octobre 1492 aux habitants d'Harfleur (Lettres de Charles VIII, roi de France, éd. P. Pelicier, Paris 1895-1905, t V, p. 305-306).



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