Lettre close de Louis XII annonçant à la ville de Bourges les fiançailles de sa fille Claude de France avec François de Valois, furtur François Ier, et lui demandant de ratifier le projet de mariage.



De par le roy.
Tres chers et bien amez, par voz depputez qui sont venuz par deçà avec les autres depputez et deleguez des autres principalles et grosses villes de nostre royaume, saurez et entendrez bien a plain ce qui a esté fait, besongner et conclud a ceste assemblee, touchant la requeste que vosdits depputez et autres nous ont faicte, en la presence de tous les princes et seigneurs de nostre sang, prelatz et autres grans et notables personnaiges de nostre conseil, pour ce par nous assemblez en grant nombre, de vouloir et entendre a faire et traicter le mariage de nostre très chere et très amee fille unique, Glaude de France, avec nostre tres cher et tres amé cousin le duc de Valloys(1), pour les causes et raisons qui ont esté par eulx très amplement et prudemment dictes et alleguees a ladite assemblee ; a laquelle requeste par l'advis et conseil desdits princes et seigneurs de nostre sang ausquelz la chose touche, qui [non] seullement ne le nous ont pas conseillé mais nous en ont très instamment priez, suppliez et requis, nous sommes liberallement condescenduz, congnoissans ladite requeste estre très juste et raisonnable et au bien de nostredit royaume, et avons ja fait faire les fiansailles de nostredite fille et cousin pour incontinant qu'ilz seront venuz en aage faire consommer et acomplir ledit mariage. A quoy tous lesdits princes et seigneurs de nostre sang et autres seigneurs, barons et bons personnaiges, ensemble les deputez desdites villes, ont promis et juré tenir la main et faire et procurer toutes choses pour le faire sortir effect et en ce exposer corps et biens et nous en ont baillé leurs promesses et scellez, lequel serment et promesses en tant qu'il vous touche il sera besoing que ratiffiez et que de ce nous envoiez voz lettres dedans la feste de la Magdeleine prochaine comme plus a plain vous diront vosdits depputez. Si vous prions et neantmoins mandons que en ce n'ayt faulte, et au surplus vous mercions du bon vouloir et affection que avez eu et avez a cest affaire, aussi il touche le bien de vous et de toutes la chose publicque de nostredit royaume, dont il est bien requis que de ce qui en a esté fait et conclud que l'on rende graces et louenge a Dieu nostre Createur par prieres et processions sollempnelles, comme de chose qui, moien nant son ayde, ceddera au bien universel de tout nostredit royaume. Et s'il y a aucune chose que puissions faire pour les affaires de vostredite ville, en nous en advertissant, nous le ferons voulentiers. Donné aux Montilz-lez-Tours(2), le dernier jour de may [1506(3)].

[Signé] LOYS.

Robertet.

[Sans adresse]





Notes :

(1) François, duc de Valois, futur François Ier, roi de France . — (2) Actuel château du Plessis-lès-Tours, com. de La Riche , dép. Indre-et-Loire . — (3) Les fiançailles de Claude de France et de François de Valois ont lieu lors de l'assemblée des notables à Tours .



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