Lettre close de Henri IV adressée aux maire et échevins de Tours leur demandant que les membres du conseil du roi présents à Tours soient réunis malgré son absence pour statuer sur plusieurs affaires urgentes notamment sur la révocation de l’édit d’union.



De par le Roy,
Tres chers et bien amez, ne se pouvant encores pour le present faire l'assemblee et convocation generalle des princes, officiers de ceste couronne, et des principaux de tous les ordres de cest estat que nous avons resolue et promise, dez nostre advenenement a la couronne, pour y recouvrer le remede necessaire aux maux et malheurs qui l’oppressent, tant pour les difficultés des chemins qui sont tousiours plus grandz; que aussy, pour ce faire, il nous faudroit un peu de loisir et de patience qu’il nous est impossible de prendre, pour estre nostre presence trop necessaire en nostre armee, nous resolusmes dernierement, en attendant que les choses s’y peussent mieux disposer, d’appeler icy tous ceux de nostre conseil qui estoient à Tours pour pourveoir cependant a plusieurs affaires importans et pressés qui se presentent, entre lesquels celluy de la revocation de l’ecdict de l’union, comme le plus necessaire pour le bien et repos du public, y aiant esté resolu avec le restablissement des derniers ecdicts de paciffication que estoient revocqués par l’autre, pour estre doresnavant observez ainsi qu’ils l’estoient lors qu’il fut faict et publié. Nous en avons envoyé l’ecdict a nos courts de parlement pour y estre veriffié, ce que nous sommes asseurez qu’ilz feront volontiers et sans difficulté. Vous en aiant bien cependant voulu advertir particulierement, afin que vous soiez renduz capables du fruict et merite d’iceux et que chacun ait autant de subiect de rendre graces a Dieu de veoir la semence et racine de tous les maux que souffre ce royaume ainsi arrachés, et, par le restablissement des ecdictz de la paix, un bon acheminement a la recouvrer entiere; pour le moings, dez ceste heure, ung moien de l’establir ferme et stable entre tous noz subjectz qui se sont maintenuz en la fidelité et obeissance qu'ilz nous doivent, comme elle y a tous jours esté, tant que lesdits ecdictz y ont esté observez; a quoy nous vous mandons et enjoignons de vous disposer tous les ungs envers les autres, et, ainsi que nous vous avons tous en egalle affection, voire que ce que nous en avons faict a esté, par l’advis de nostre conseil, pour le bien commun, sans y avoir consideré aucun adventaige de part ni d’autre, comme aussy en l’observation desdicts ecdicts, n’y aiant rien tant recommandé que la crainte et amour de dieu, la dilection de son prochain et le repos public, il n’y a celluy qui ne les doive desirer et embrasser de tout son pouvoir. A quoy nous vous exhortons de rechef, rejectans toutes les calomnies et impostures que pourroient publier les ennemys pour vous en dissuader et de l’obeissance qui nous est deue, a laquelle vous estes obligés pour l’acquict de vostre debvoir et descharge de vos consciences. Donné a Mante, le VIIIe jour de juillet 1591.
[Signé] Henry
[Signé] Forget

[Suscription] A nos tres chers et bien amez les maire et eschevins de nostre ville de Tours .





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