De par le Roy
Chers et bien amez, d’aultant que ce que nous desirons le plus est de veoir noz subjectz soullaigez et reslevez de despence en tout ce qu’il nous sera possible, et mesme ceulx de vostre ville, sçachant qu’ilz ont eu beaucoup a souffrir les troubles passez ; sur la requeste que nous feistes dernierement de vous descharger des six vingtz soldatz qui estoient en garnison en vostredite ville, nous escripvismes au sieur de la Borderye qu’il eust a les licentier, ce que nous avons entendu qu’il a faict; mais d’aultant que nous sommes advertiz qu’il n’est pas obey ny respecté, comme il debveroit, et que aucuns de vostre ville, sans son congé, font entreprinses qui ne tendent aucunement au bien de nostre service, nous avons advisé qu’il sera bon que, desdictz soldatz que nous luy avons mandé licentier, il en retienne pres de luy cinquante des mieulx aguerriz, tant pour contenir le peuple de sedition, que pour chastier ceulx des environs qui s’obliront tant en leur debvoir que de faire pratiques et menees au prejudice de nostredict service, ne pouvant trouver que mauvais ce qui a esté faict par ceulx de vostre ville qui se sont debendez et couru sus a ceulx de Maillé(1), sans le congé et permission dudict sieur de la Borderye, estant aisé a juger par la qu’il y a de la desobeissance en aucuns des habitans de vostredicte ville que nous desirons veoir reprimee, voullant que, si aucun entreprend chose semblable cy apres, sans le commandement dudict sieur de la Borderye, il soit chastié et puny, comme la faulte qu’il aura faicte le meritera ; et, pour le regard des soixante dix soldatz qui demeureront cassez, affin qu’ils n’ayent occasion, en leur retyrant, de fouller et opprimer nos subjectz, vous donnerez ordre, avec ledict sieur de la Borderye, auquel nous en escripvons, de les faire payer de leur solde, depuis le temps qu’ils ont commencé a servir jusques au jour qu’ilz ont esté licentiez. Quant aux prisonniers qui ont esté prins a Maillé, s’ilz ne sont chargez d’avoir faict acte d’hostilité, vous les ferez eslargir et mettre en liberté; et, ou ilz se trouverroient chargez de rebellion, vous les retiendrez et nous envoirez incontinant les charges et informacions contre eulx faites, pour y pourveoir ainsy que le cas le requerra. Donné a Paris
le VIe jour de janvier 1568.
[Signé] CHARLES.
[Signé] De L'Aubespine.
[Suscriplion] A noz chers et bien amez les maire et eschevins, bourgeois et habitans de nostre ville de Tours
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(1) Actuellement commune de Luynes
, dep. d'Indre-et-Loire
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